Le baluchonnage pour les aidants

Le baluchonnage pour les aidants

L'expérimentation de "baluchonnage"

Cette experience, sur trois ans, a été inscrite dans le projet de loi sur le « droit à l'erreur », a annoncé le 5 décembre 2017 Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la santé.

Qu'est-ce que le baluchonnage ?

Le baluchonnage est une solution inventée Outre-Atlantique afin de permettre à l’aidant de prendre quelques jours de vacances en sachant son proche en sécurité et entouré à son domicile. Ce terme "baluchonnage" a été inventé au Québec par Marie Gendron, qui a lancé en 1999 Baluchon Alzheimer.

Le principe ?

Durant ces quelques jours de vacances, le relais est assuré pour la personne aidée en toute sécurité : sa prise en charge se fait au domicile par des équipes de professionnels qui se relaient. Le "baluchonneur" ou la "baluchonneuse" est présent au domicile de la personne âgée jour et nuit, 24 heures sur 24, pendant plusieurs jours.

Un principe effectif au Québec

Le baluchonnage est une solution de répit proposée aux aidants de personnes âgées atteintes de la maladie d’Alzheimer, inventée au Québec en 1999 et protégé par la marque Baluchon d’Alzheimer®.

Pendant quelques jours un « baluchonneur » s’installe au domicile de la personne âgée, afin de permettre au proche aidant de partir avec son « baluchon » se reposer. Le baluchonneur intervient 24h/24, de 4 à 14 jours d’affilée. Cela permet à la personne âgée de ne pas changer d’environnement, et à l’aidant de prendre un peu de répit.

Le « baluchonneur » se rend au préalable au domicile de la personne âgée, afin de connaître son environnement et ses habitudes pour faciliter le relai au moment du départ du proche. Outre la réalisation de missions d’aide au quotidien (toilette, déplacement, préparation et prise des repas), le « baluchonneur » assure une présence rassurante auprès de la personne.

Rebaptisé « Relayage » en France, le concept figure dans le projet de loi sur « le droit à l'erreur », présenté fin novembre 2017 par le gouvernement...

Une expérimentation en France

Depuis 10 ans, des porteurs de projets locaux expérimentent le répit à domicile sous la forme du « baluchonnage » (qui nécessite de respecter une convention et des processus) ou d’autres dispositifs tels que la « suppléance à domicile » ou « le relayage ».

Pour l’instant, le cadre législatif et réglementaire français n’est pas approprié, notamment par rapport à la durée du travail. Le projet de loi sur l’adaptation de la société au vieillissement a autorisé une expérimentation de 5 ans en France, dans 3 départements. La loi permet une dérogation sur le temps de travail, puisque le baluchonneur peut rester au domicile d’une personne âgée, handicapée ou malade, pour l’aider jusqu’à 6 jours. Le nombre total des jours d’intervention ne doit pas dépasser les 94 jours dans l’année.

L'association Bulle d'air a mis en place une expérimentation sur les départements 38, 73, 74, 01, 26, 07 et 69 : 

la Savoie, de la Haute-Savoie, de l'Isère, de l'Ain, de la Drôme et de l'Ardèche, ainsi que sur le Rhône

Allez visiter le site de la l'association Bulle d'Air, pour avoir des informatoins complémentaires.  

En mars 2017 le rapport de Joëlle Huillier, remis au Premier Ministre, a proposé des recommandations pour développer ce type de répit :

  • Le « relayage » serait d’au moins deux jours et une nuit, afin de ne pas remplacer les services d’aide à domicile existants,
  • Des modifications du code du travail, notamment sur la durée du temps de travail et la clarification du métier de « relayeur »,
  • Une visite systématique à domicile, fixant le cadre du travail dans un contrat,
  • Un suivi de la personne par des moyens tels qu’un journal d’accompagnement à destination du proche aidant et un temps de restitution lors du retour à domicile du proche aidant.

Les solutions de répit peuvent être financées par l’APA. Cependant, à ce jour, il n’existe pas d’aide, au titre de l’action sociale des organismes de retraite et de prévoyance, qui intervienne exclusivement sur le « baluchonnage ».

En attendant une mise en œuvre nationale du répit à domicile, vous pouvez vous renseigner auprès d’associations ou du CCAS pour savoir si des expérimentations sont en cours près de chez vous.