Clash sur l'AEEH

Clash sur l'AEEH

Enfants handicapés : clash sur l’AEEH

Les associations de personnes handicapées s’opposent au projet du gouvernement de transférer l’AEEH dans la 5e branche autonomie. Elles réclament une concertation sur le rapprochement de cette allocation et de la prestation de compensation du handicap. Un enjeu important pour les quelque 300 000 ménages bénéficiaires, dont 24 % vivent sous le seuil de pauvreté.

L’Allocation d’éducation de l’enfant handicapé (AEEH) devrait changer de maison. Jusqu’à présent, c’est la Caisse d’allocations familiales qui finance et paie cette prestation. L’an prochain, cela devrait être la future 5e branche dédiée à l’autonomie.

Le gouvernement a en effet intégré cette mesure de transfert dans le projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Une mauvaise idée pour les associations de personnes handicapées.

L’AEEH de base, une prestation familiale

« Cette allocation est une prestation familiale correspondant à une situation de famille », argumente le Collectif handicaps. Au même titre que les allocations pour les familles nombreuses ou les parents isolés, l’AEEH de base constitue un soutien aux familles d’enfants handicapés. Elle est attribuée sans autre conditions que le handicap. « Son maintien au sein des prestations familiales serait cohérent », poursuit-il.

Les compléments, une prestation de compensation

Et les compléments à l’AEEH de base ? Leur attribution dépend des dépenses engagées (pour des soins, des aides techniques…). Mais aussi des besoins en aide humaine de l’enfant.  Ils financent donc la compensation du handicap.

« Eux pourraient être transférés dans la branche autonomie pour créer une véritable prestation de compensation enfants », estime le collectif.

« Nous partageons la nécessité d’engager une véritable concertation sur le rapprochement de l’AEEH et de la prestation de compensation du handicap (PCH) », précisent les associations. Elles demandent donc au gouvernement de revenir sur son projet.

Une pétition nationale

« Le transfert de l’AEEH et des compléments dans la 5e branche ne peut pas être décidé avant que les travaux attendus sur la compensation du handicap de l’enfant ne soient menés à bien », insiste APF France handicap.

Elle a lancé une pétition sur change.org, avec Dyspraxie France Dys, Ensemble Face au Handicap, la Fnaseph, HyperSupers TDAH France et l’Unaf. Vous savez ce qui vous reste à faire si vous voulez vous opposer au déménagement…

L’AEEH ne protège pas de la pauvreté

Les 292 000 ménages titulaires de l’AEEH sont davantage exposés à la pauvreté. C’est le principal enseignement de l’étude que la Drees vient de rendre publique. Ils ont un niveau de vie mensuel de 1 567 €. Soit 272 € de moins que les autres foyers ayant des enfants de moins de 20 ans. Et presque un quart (24 %) vivent sous le seuil de pauvreté (contre 17 %).

Ce qui s’explique, entre autres, par le fait que 30 % des bénéficiaires de l’AEEH – contre 23 % – sont des familles monoparentales. Neuf fois sur dix, des mères et leurs enfants.

« Cette plus grande fragilité économique est en lien avec la situation moins favorable des parents d’enfants handicapés sur le marché du travail  », souligne l’étude. 51 % des parents seuls ne travaillent pas (contre 29 %). Et au sein des couples ayant au moins un enfant handicapé, les deux parents travaillent dans 53 % des cas (contre 70 %).

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